Lettre de Robert Borrel à Alain Juppé

Vous ne le savez peut-être pas, mais après François Fillion et Rama Yade l’année dernière, M. Mermet a sollicité la visite d’Alain Juppé pour essayer de gagner en popularité. Cette venue prochaine a provoqué chez Robert Borrel une réaction qu’il nous a demandé de publier, ce que nous faisons bien volontiers…


Si j’étais encore quelque chose dans la vie publique, je dirais à M. Alain Juppé, qui vient soutenir Louis Mermet dans l’élection d’Annemasse :

Monsieur le Premier Ministre,

Annemasse est une ville plus modeste que Bordeaux, mais pendant les 30 années où j’en ai été le Maire, je l’ai dirigée avec les mêmes objectifs que vous en Gironde : économies de structure, force des investissements, paix sociale fondée sur le respect de toutes les cultures et de toutes les convictions.

J’ai eu une longue carrière politique de Député et de Conseiller Régional. Je connais comme vous les « figures imposées » de la politique, les moments où l’on doit apporter sa caution à ceux de son camp, sans forcément bien les connaître.

Mais la politique a aussi ses « figures libres », celles où l’on place les intérêts publics avant les liens partisans, et c’est de ces figures-là dont nous pouvons être fiers.

Annemasse, agglomération-frontière, est une ville difficile à conduire. Le maire sortant, Christian Dupessey, et sa forte équipe ont fait la preuve en 7 ans de leur ardeur à la tâche et de leur efficacité. Economies, investissements d’avenir, paix sociale, leurs principes sont les mêmes que les vôtres.

Pourquoi devraient-ils interrompre un second mandat régulièrement acquis ? Parce qu’un adversaire a falsifié une signature ? Parce qu’un autre concurrent n’a pas accepté sa défaite et veut se redonner une chance grâce à la procédure ? Ce serait peu moral, mais surtout préjudiciable à toute notre agglomération. Des responsables de toutes tendances vous le confirmeront.

Permettez-moi d’espérer, avec respect à votre égard, que votre soutien sera mesuré à la hauteur des enjeux réels qui attendent cette ville. Chacun vous dira qu’elle est revenue de bien loin. Après 40 ans de travail intense, je fais des vœux pour qu’elle ne retombe pas dans la médiocrité des débats antérieurs. Il est facile d’attiser l’irritation des gens par le nombre excessif de Roms ou par les nids de poule éventuels, ou en promettant la gratuité des services en même temps que la baisse des impôts. Ce n’est pas digne de l’enjeu.

Robert Borrel, ancien Maire

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